Commentaires Résumé
2014/1 Der Alpenraum – ein Kulturraum

Archives et patrimoine au val de Bagnes

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Le val de Bagnes rayonne aujourd’hui au-delà du Valais et de la Suisse pour sa station de Verbier. L’image d’une clientèle sportive, internationale, adepte du freeride, et l’esprit d’un lieu de vacances ne laissent pas deviner immédiatement les actions patrimoniales réalisées dans cet espace.

La Commune de Bagnes a instauré depuis le début des années 1970 une politique de conservation et de restauration du patrimoine encore active aujourd’hui. Il y a bien sûr eu des actions antérieures, privées ou publiques: nomination, pour une courte période, d’un archiviste communal au début du XXe siècle; récolte des traditions orales et du patois par les journalistes-ethnologues Louis Courthion et Maurice Gabbud à la même période. Cependant, une attention nouvelle et régulière est portée sur ces éléments du passé avec le tournant des années 1950, marquées par la construction du barrage de Mauvoisin et l’essor de Verbier.

L’action communale a porté en premier lieu sur le patrimoine construit. Les hauts pâturages du val de Bagnes sont parsemés de bâtiments servant à leur exploitation. Parmi cet ensemble, une série d’écuries à voûte pratiquement uniques en Valais. Après avoir établi une liste de référence, ce ne sont pas moins de 30 bâtiments qui ont été restaurés en respectant, de mieux en mieux, les techniques d’origine, principalement la pierre sèche. Depuis 2004, un travail de recensement systématique sur l’ensemble du territoire a permis d’inventorier plus de 600 bâtiments ou vestiges d’alpage, alors qu’une première estimation avait abouti au chiffre de 150 édifices. En parallèle, des sondages archéologiques ont révélé, en 2012, une présence humaine sur ces «montagnes» au mésolithique.

La sauvegarde du patrimoine a porté en parallèle sur les 15 villages de la commune. Entre 1984 et 2012, sept musées et maisons du patrimoine ont été ouverts: l’Ancienne Demeure, le Musée de Bagnes, la Scie et les Moulins de Sarreyer, l’Espace alpin, la Maison des Glaciers, la Forge Oreiller, et, dernier né, la Maison de la Pierre ollaire. Deux sont issus d’initiatives privées, les autres relèvent d’actions publiques. Ils sont réunis aujourd’hui sous l’appellation «Le Musée de Bagnes et ses Maisons du Patrimoine» (www.museedebagnes.ch). Le Musée de Bagnes, installé dans l’ancienne cure du Châble, propose entre trois et six expositions temporaires chaque année dont au moins une thématique en lien avec l’histoire et le patrimoine: Îtres et bâtiments d’alpage, Eglises et chapelles du val de Bagnes, La Patrouille des Glaciers. Plus jamais... pour toujours!, la Débâcle du Giétro, pour n’en citer que quelques-unes. Il possède également plusieurs collections d’objets ethnographiques, surtout liés à la vie rurale, et de tableaux, principalement des portraits du XIXe siècle issus de portraitistes bagnards, Félix Cortey et Joseph Brouchoud. Sous l’égide de la commune, il poursuit la publication d’ouvrages en lien avec les expositions du musée ou sur des thématiques régionales: Les noms de lieux, Les pierres à cupules et autres pierres gravées, etc. 

Une bibliothèque communale et scolaire a été créée en 1993 au cœur du Cycle d’orientation Bagnes-Vollèges. Dotée d’environ 20000 titres, elle offre un espace de lecture publique, mais n’a pas de vocation patrimoniale.

Dépendance de l’Abbaye de St-Maurice depuis le XIIe siècle au moins, le val de Bagnes ne peut se raconter qu’en recourant aux archives de cette institution auxquelles la commune a apporté son soutien. Il existe cependant un ensemble toujours conservé par l’administration communale. Les plus anciennes pièces remontent au XIVe siècle. Un inventaire des documents antérieurs au XXe siècle a été réalisé par les Archives cantonales du Valais. Les documents produits depuis le XXe siècle par l’administration communale ont été déposés sans modifier le classement établi par les différents services, au gré de l’évolution du personnel administratif et de la constitution des dicastères politiques. En 2012, devant l’ampleur de la tâche, le conseil communal a créé un poste d’archiviste et conservateur du patrimoine confié à Julie Lapointe Guigoz. Après plusieurs mois consacrés à l’inventaire sommaire des fonds répartis dans différents locaux, elle a commencé le classement de ces archives contemporaines tout en assurant le suivi avec les services communaux. En 2013, un important travail de conservation a été confié à Roberta Cozzi (Atelier RC) portant en particulier sur les «registres anciens». Ce programme de restauration est planifié sur plusieurs années. A moyen terme, un enjeu majeur est la recherche d’espaces supplémentaires, correctement équipés comme le local qui abrite actuellement les archives dites «historiques». 

Un fonds iconographique fait aussi partie des archives de la Commune de Bagnes. D’anciennes cartes postales, photographies, négatifs, diapositives, affiches ont été rassemblés au cours des dernières années afin d’apporter une source complémentaire d’information aux chercheurs intéressés par le développement économique et urbanistique de la vallée. Les paysages alpins, les mayens, les alpages, le patrimoine bâti des villages sont autant de lieux représentés sur ces images qui témoignent des transformations et mutations subies depuis le début du XXe siècle dans le val de Bagnes. La station de Verbier, marquée par une extraordinaire expansion touristique depuis la fin des années 1950, a tout particulièrement fait l’objet d’un récent ouvrage illustré de 250 cartes postales fournies par deux collectionneurs privés, le fonds communal en la matière étant encore restreint.

Les archives communales abritent également une dizaine de fonds privés plus étroitement liés à son activité ou à des activités communautaires: fonds familiaux en lien avec des objets déposés dans les musées communaux, consortages, laiterie, etc. Cependant, depuis plus de 20 ans, l’essentiel des archives privées sont confiées à une association, le Centre régional d’étude des populations alpines (CREPA), à Sembrancher, constituée par dix communes de l’Entremont et de la vallée du Trient. Ce centre possède un riche fonds documentaire qui regroupe aussi bien des publications que des documents privés: correspondances, photographies, manuscrits, actes de vente, etc. Il développe, entre autres, tout un programme de récolte de témoignages (les archives de la parole) et de médiation envers les classes (l’enfant à l’écoute de son village). Il gère une grande base généalogique de l’ensemble des communes membres. Les données concernant Bagnes ont été publiées. Le professeur Sandro Guzzi, Université de Lausanne, dirige depuis plusieurs années un projet de recherche dont les premiers résultats feront l’objet d’une publication ce printemps: Passions alpines. Sexualité et pouvoir dans les montagnes suisses (1700–1900).

Entre recherches universitaires et médiation culturelle, conservation d’archives publiques et récoltes de fonds privés, collection d’objets et expositions thématiques, conservation de bâtiments historiques et travaux de recensement, l’action communale s’efforce de couvrir au mieux le champ patrimonial en parallèle d’un engagement culturel plus large qui concerne aussi bien la création d’une œuvre de Land Art à Mauvoisin que le soutien au grand rendez-vous de musique classique qu’est le Verbier Festival.

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Betrand Deslarzes

Chef du Service de la culture, Bagnes 

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Das Val de Bagnes verfügt dank seinem Wintersportort Verbier eine Ausstrahlung, die über das Wallis und die Schweiz hinausreicht. Das Image eines Skiorts, der auf eine sportliche, internationale, dem Freeride frönende Kundschaft ausgerichtet ist, und die Ausrichtung als Ferienort lassen auf den ersten Blick nicht vermuten, dass in diesem Raum zahlreiche Anstrengungen für den Erhalt von Kulturgütern unternommen werden. Mit universitären Forschungen und Kulturvermittlung, der Erhaltung von öffentlichen Archiven und Beständen aus Privatsammlungen, der Sammlung von geeigneten Gegenständen und thematischen Ausstellungen, der Erhaltung von Gebäuden und der Inventarisierung engagiert sich die Gemeinde dafür, die Kulturgüter zu erhalten und bekannt zu machen. Diese Aktionen laufen parallel zu einem breiter gefassten kulturellen Engagement, das sich sowohl in der Errichtung eines Land-Art-Werks in Mauvoisin als auch im Festival für klassische Musik (dem Verbier Festival) äussert. (Übersetzung: rolf hubler)