Commentaires Résumé
2011/1 Streifzug durchs Web

«Thinking records» – entretien avec un records manager blogueur

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James Lappin aime écrire, et ce quelque soit le type de texte envisagé. Heureusement pour lui, car le records manager qu’il est se doit d’élaborer de nombreux documents, divers et variés, dans l’exercice de son travail. D’un référentiel de conservation à un support de cours, en passant par un plan de classement, des spécifications, un cahier des charges ou un guide de bonnes pratiques, la liste est longue et non exhaustive. Elle ne saurait pour autant épuiser son goût de l’écriture, ni l’intérêt qu’il porte au records management.

James a donc commencé, en mars 2009, à tenir un blog qui porte le titre élégamment épuré et non moins ambitieux de «Thinking records»Le blog de James Lappin est accessible à l’adresse suivante: http://thinkingrecords.co.uk/. Je remercie vivement James de m’avoir accordé cet entretien dans un délai très court et d’avoir pris le temps de répondre à mes questions avec enthousiasme.. Depuis bientôt deux ans, il a publié vingt-six billets, soit un peu plus d’un billet par mois en moyenne. Auparavant, James contribuait déjà au blog de l’entreprise pour laquelle il travaillait en tant que consultant en records management, à LondresIl s’agissait de TFPL, aujourd’hui TFPL Intelligent Resources, une société de conseils dans le domaine de la gestion de l’information, dont le blog est accessible à l’adresse suivante: http://blog.tfpl.com/tfpl/.. Un blog professionnel sur un sujet professionnel, nourri par des billets rédigés toutefois en dehors des heures de travail. Par choix du meilleur moment pour écrire, tôt le matin, dans un endroit calme?

Aujourd’hui, James a créé sa propre société, et si l’écriture de ses billets occupe toujours une place à part dans son emploi du temps, l’état d’esprit avec lequel il tient son blog et les raisons qui le poussent à le faire apparaissent dénués de toute ambiguïté. Clairement, bloguer est d’abord une source de plaisir, une entreprise toute personnelle où, selon lui, le plus important est de prendre le temps de trouver sa propre voix, dans une blogosphère encore peu courue par les records managers, du moins en comparaison avec les bibliothécaires ou même les archivistes.

C’est qu’à la différence de leurs collègues, les records managers doivent en général exercer une grande réserve par rapport aux records et à l’organisation pour laquelle ils travaillent. Sans collection à valoriser, sans public à diversifier, il n’en reste pas moins des problématiques de portée générale et récurrentes auxquelles la plupart des professionnels sont confrontés et qu’ils doivent s’atteler à résoudre dans leur environnement propre. En suivant les réflexions de James, on réalise à quel point les blogs ont un vrai rôle à jouer en ce qu’ils peuvent contribuer à renforcer le lien entre la théorie et la pratique, lien particulièrement ténu lorsqu’il s’agit de records management.

Ainsi, non seulement la préparation de ses billets et la réception des commentaires qu’ils génèrent incitent et motivent James à apprendre toujours davantage et à aller plus loin dans son travail. Mais, en tant que tribune, et grâce au caractère d’immédiateté non intrusive que cet outil procure, son blog peut également être l’occasion pour lui de tester des idées, ou lui permettre de se faire un avis sur l’état d’une question à un moment donné au sein de son milieu professionnel. Selon James, il n’est donc pas absolument nécessaire d’être un expert ou d’être original pour aborder un sujet dans un billet.

Ce qui compte, c’est la perspective retenue pour traiter son objet, comme le montre par exemple l’écho rencontré par ses billets sur un des produits phares de Microsoft, Sharepoint. Dans une contribution publiée en juillet sur son blog et celui de l’AIIM, l’organisation internationale de référence en matière de gestion de l’informationLe blog de l’AIIM (Association for Informa- tion and Image Management) est accessible à l’adresse suivante: http://aiimcommunities.org/erm/blogs., James a en particulier tenté de répondre à la question de savoir si Sharepoint offrait un modèle de records management extensible et pérenne. Il a rapidement suscité un certain «buzz» parmi des records managers encore bien souvent démunis face à une documentation élaborée par et pour un public d’informaticiens.

Si la circulation des billets finit par échapper à leur auteur, son blog demeure et peut lui servir de carte de visite, en particulier vis-à-vis de potentiels employeurs. Mais au-delà de la plus-value indéniable que celui-ci apporte à son CV, James se voit récompenser de ses efforts et de la patience dont il a su faire preuve pour laisser ses écrits «grandir» quand son opinion est sollicitée, comme dernièrement par une étudiante travaillant sur le futur de l’Histoire. En effet, fidèle à l’objectif de son blog, il est notamment préoccupé par le phénomène de la disparition du dossier en tant qu’entité physique et intellectuelle et la perte de la notion d’autorité qui lui était attachée.

On est loin des premiers billets de James, blogueur avant d’être records manager, sur la poésie nord-coréenne, les «flapjacks»Gourmandises d’origine anglaise, les «flapjacks» sont à l’origine faits à base de flocons d’avoine, de sirop de miel et de beurre, et déclinés aujourd’hui en plusieurs parfums sous forme de biscuits ou de barres aux céréales.ou le dernier match de son équipe de football locale. Et pourtant, c’est bien ce regard à la fois personnel et détaché, porté sur des objets tels que les dossiers papier ou les «folders» électroniques, autant ancrés dans la matérialité que les vecteurs de transformations intellectuelles, qui font tout l’intérêt du blog de James et plus largement de cette pratique qu’est le record management. Gageons que si celle-ci parvient à se renouveler en restant fidèle à ses principes, les blogs auront un certain rôle à jouer. En tous les cas, James en est convaincu, plus il y aura de records managers blogueurs, mieux ce sera.

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Charline Dekens

archiviste adjointe, Archives de la Ville de Lausanne

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James Lappin liebt das Schreiben, egal in welcher Textsorte. Gut für ihn: Als Records Manager muss er ständig verschiedene Texte (und Textsorten) produzieren. Seit 2009 betreibt er einen Blog unter dem Titel «Thinking Records». Seither hat er 26 Einträge geschrieben, d.h. im Schnitt etwas mehr als einen Eintrag pro Monat. Der Blog thema- tisiert seinen Beruf: das Records Management. Blogs in diesem Bereich sind noch eher selten, können aber u.a. dazu beitragen, (Berufs-)Theorie und Praxis enger zu verzahnen. Darüber sind Blogs auch eine Möglichkeit, potenzielle Arbeit- oder Auftraggeber auf sich aufmerksam zu machen. Wichtiger allerdings ist die eigentliche Auseinandersetzung mit den jeweiligen Themen, das Bilden einer Meinung. Bereits melden sich «Externe» und fragen ihn um seine Meinung, etwa zum Phänomen, dass Dokumente im Sinne von physisch greifbaren Einheiten immer stärker verschwinden, und mit ihnen die «Autorität», die ihnen ehedem zugestanden wurden.