Commentaires Résumé
2020/1 Archives et bibliothèques dans les organisations internationales

L’implication discrète et efficace de l’AAS au sein du Conseil International des Archives

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En 1948, le Conseil International des Archives (ICA) voit le jour. Deux ans plus tard, il tient son premier congrès à Paris. Les Statuts sont validés. Neuf associations professionnelles rejoignent les rangs de la jeune organisation; l’Association des Archivistes Suisses (AAS) est l’une d’entre elles.

Pendant de nombreuses années, comme d’autres catégories de membres composant l’ICA, les associations professionnelles sont tenues en marge de l’action de l’organisation; ce sont les archives nationales qui mènent le bal. Au début des années 1970, les archivistes polonais contestent cette situation. Après bien des débats, l’ICA crée en 1976 deux sections, l’une regroupe les Archives des organisations internationales (SIO) et l’autre les associations professionnelles (SPA)1. Cette dernière comprend alors 17 membres.
D’autres sections verront le jour ultérieurement. L’une d’entre elles, grâce aux efforts de l’Archiviste de la Ville de Zurich, Fritz Lendenmann, est dédiée spécifiquement aux Archives municipales (SMA).

Des contributions remarquées

A la tête de la SPA se trouve un Comité formé par une poignée de représentants d’associations. Il effectue les travaux décidés. Par l’intermédiaire de Gilbert Coutaz, l’AAS participe au Comité dès 1992. Le soussigné lui succède en 2000.2 Ensuite de quoi, le flambeau est repris par la regrettée Cristina Bianchi en 2008.

La SPA est une section vivante et entreprenante. L’AAS, à travers ses représentants successifs, participe à de nombreux projets et réalisations, dont certains ont eu – et ont encore – un impact important sur la profession, à l’instar du Code de déontologie (1996) et de la Déclaration universelle sur les archives (2010)3. On doit aussi à la SPA la publication de nombreux documents utiles pour les associations d’archivistes, comme le manuel de lobbying et des recommandations relatives à la gestion des associations. La section apporte son soutien à la création de nouvelles associations et organise les premières éditions de la «Semaine internationale des archives»4. Elle publie et diffuse un bulletin.

En 2007, la SPA met sur pied à Madrid la première conférence internationale entièrement dédiée aux associations professionnelles d’archivistes. Elle réunit plus de 130 participants. Le mouvement associatif est au centre des débats. Cette formule est répétée en 2011 à Édimbourg, en marge de la conférence annuelle de la Society of Archivists (aujourd’hui The Archives and Records Association).

La SPA s’implique également très fortement dans l’organisation des conférences européennes de l’ICA, dont celle qui se tient en 2010 à Genève, autour de l’«archivage digital». Cette conférence, à laquelle l’AAS est étroitement associée, réunit plus de 700 participants et remporte un vif succès.

Le rôle particulier des associations

Au sein de l’ICA, les objectifs des Archives nationales et ceux des professionnels ne concordent pas toujours. Aussi, la SPA constitue non seulement un partenaire, mais aussi un contrepoids aux archives nationales et aux états qu’elles représentent. Les intérêts des professionnels sont au cœur de ses réflexions, de son action et de ses éventuelles revendications. Dès 1990, l’opinion et les préoccupations de la SPA sont relayées par son Président, invité à siéger au Comité exécutif de l’ICA. 

Aujourd’hui la SPA poursuit sur son élan. La section compte une septantaine de membres.5 Elle constitue toujours le porte-voix des professionnels et des associations au sein du mouvement international. Mais, les choses évoluent: un Forum des associations professionnelles devrait être créé en miroir de celui qui réunit depuis quelques années déjà les responsables des Archives nationales (FAN). C’est dire l’importance accordée aux associations par les membres de l’ICA.

Et l’engagement des Suisses dans tout cela?

Après la disparition soudaine de Cristina Bianchi en 2017, le siège occupé par l’AAS au Comité de la SPA est demeuré vide. Il est possible que l’un des membres du Comité de l’association puisse prochainement prendre le relais. Ainsi, la communauté professionnelle suisse pourra à nouveau resserrer ses liens avec d’autres associations et contribuer au développement de l’ICA et de la coopération internationale. Mentionnons encore le fait qu’aux côtés des Archives fédérales, des membres individuels de l’AAS sont engagés dans différents projets de l’ICA, tels qu’Alain Dubois, actuel Président de l’AAS, Basma Makhlouf-Shabou, Tobias Wildi ou encore le soussigné.

Grange Didier 2015

Didier Grange

Archiviste de la Ville de Genève depuis 1995, il est également Conseiller spécial auprès du Conseil international des Archives (ICA) et président du groupe d'experts de l'ICA contre le vol, le trafic et la falsification (EGATTT) ainsi que du Comité de pilotage du Portail international archivistique francophone (PIAF).


  • 1 Au sujet de la SPA: Didier Grange, «Matériel pour une histoire de la SPA», 2010.
  • 2 Il préside la Section entre 2004 et 2008.
  • 3 Adoptée par l’Unesco en 2011.
  • 4 Cet événement a été ravivé par l’ICA il y a quelques années.
  • 5 C’est assez peu si l’on compare aux quelques 1300 associations décomptées dans le monde (2014).

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Résumé

Der Artikel zeigt das Engagement des VSA und der Schweizer Archive im International Council on Archives (ICA) seit dessen Gründung im Jahre 1948 auf. Dabei wird das Augenmerk insbesondere auch auf die Vertretung in der Sektion der Berufsverbände (Section des Associations Professionnelles, SPA) gerichtet.

L'article montre l'implication de l’AAS et des archives suisses dans le Conseil International des Archives (ICA) depuis sa fondation en 1948. Une attention particulière est portée à la représentation de la VSA dans la section des associations professionnelles (Section des Associations Professionnelles, SPA).