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2014/2 Zur Erschliessung von AV-Medien - Le catalogage des médias audiovisuels

La stratégie numérique de la Médiathèque Valais – Martigny

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Après plus de 15 ans d’investissement numérique au sein de la Médiathèque Valais – Martigny, le bilan est plus que positif. La numérisation et la mise en ligne d’une partie importante des collections ont notamment permis d’en accroître l’accessibilité et d’en permettre la valorisation sans risquer de l’altérer. Le développement d’archives numériques n’est cependant pas une solution miracle.

Chargée de la conservation et de la valo­risation de la mémoire audiovisuelle valaisanne, la Médiathèque Valais – Martigny est engagée dans l’aventure numérique depuis plus de 15 ans. C’est en effet en 1998 que cette institution, qui s’appelait alors le Centre valaisan de l’image et du son, a pris la tête d’un projet-­pilote lancé par Memoriav, l’association pour la sauvegarde de la mé­moire audiovisuelle suisse. Mené entre 1998 et 2001, le projet La vie quoti­dienne au fil du temps avait pour but d’assurer la conservation, la mise en valeur et la diffusion de 20 000 photo­graphies donnant à voir la vie quoti­dienne en Suisse et provenant d’une dizaine d’institutions spécialisées dans la photographie. A Martigny, ce projet­ pilote a donné naissance à une stratégie numérique d’envergure. Chaque an­née, ce sont plusieurs milliers de docu­ments (films, photographies, sons) qui sont numérisés et mis à la disposition du grand public sur Internet (printscreen 1)1. Pour l’année 2013, 7800 items ont été mis en ligne, augmentant ainsi l’offre de documents disponibles à 76 764. Soucieuse de rendre ses collec­tions accessibles, la Médiathèque Valais – Martigny continue parallèlement de développer des outils de valorisation novateurs, proposant des expositions virtuelles sur son site Internet2, ainsi qu’une application permettant de dé­couvrir le patrimoine audiovisuel valai­san depuis son téléphone portable ou sa tablette3 

Pour une institution telle que la Média­thèque Valais – Martigny, la numérisa­tion et la mise en ligne présentent un triple avantage. Elles permettent d’abord d’accroître l’accessibilité des documents concernés. Tout un chacun peut ainsi découvrir la richesse du patri­moine audiovisuel valaisan sans se dé­placer. Dans le cas du Valais, terre d’émigration pendant des décennies, cette accessibilité accrue est particuliè­rement précieuse pour les descendants d’émigrants disséminés de par le monde souhaitant faire connaissance avec leurs racines. Mais la numérisa­tion et la mise en ligne ne permettent pas seulement d’augmenter l’accessibi­lité physique des documents. Grâce aux outils de recherche des sites de la Mé­diathèque et du catalogue de RERO, il est possible d’accéder à des images, des films ou des sons dont on ne soupçon­nait pas l’existence. Par exemple, en date du 13 mars 2014, ce sont 671 pho­tographies, 44 films et 30 enregistre­ments sonores qui s’offrent aux visi­teurs recherchant le mot­-clé «bisse» (printscreen 2). La base de données de la Médiathèque Valais étant quotidien­nement mise à jour, cette recherche aboutira à un nombre de documents encore plus important dans une se­maine, un mois, une année.

Ensuite, la numérisation et la mise en ligne permettent d’apaiser en partie la querelle opposant les chantres de la conservation et les tenants de la média­tion. En effet, les documents audiovi­suels sont bien souvent fragiles. Les exposer à la lumière ou les manipuler les mettent en danger. Dans ce contexte, une stratégie numérique permet de faire vivre le patrimoine sans l’altérer, de ne pas le laisser s’empoussiérer à l’abri des regards. Bien que trop abîmée pour être consultée, la photographie ci­ dessous (image 1), une vue stéréosco­pique sur verre, est accessible sans res­triction grâce à sa numérisation et sa mise en ligne.

Enfin, la mise en ligne des documents permet d’améliorer la finesse des ren­seignements fournis. Les internautes ont en effet la possibilité d’ajouter des informations sur les documents mis en ligne. Ainsi, grâce au commentaire d’un internaute (printscreen 3), la datation d’une vue de Vissoie a pu être affinée.

En dépit de ces avantages, la numérisa­tion, tout comme la mise en ligne, doit rester sélective. Numériser l’intégralité des collections d’une institution n’est pas une solution. Le travail colossal que cette opération demanderait serait vain. Les documents intéressants seraient noyés au milieu d’un immense stock d’images aux degrés d’intérêt fort va­ riables. Le fonds du photographe Mi­chel Darbellay, déposé à la Médiathèque Valais – Martigny en 2010, illustre par­faitement cette idée. Parmi les 600 000 documents qui composent cette collec­tion, environ 100 000 sont des portraits d’identités. Si numériser l’ensemble de ces images n’aurait pas de sens, une numérisation sélective a un intérêt. Sur les 100 000 portraits, 775 ont ainsi été numérisés. Il s’agit des portraits de per­sonnalités (Pascal Couchepin, Chris­ tian Constantin, Léonard Gianadda, etc.) et de séries caractéristiques, comme l’ensemble de portraits des habitants d’Isérables réalisé le 15 février 1965. Ce jour-­là, Michel Darbellay se rend donc dans ce village valaisan et offre ses services aux habitants. Il réa­lise en une journée les portraits de 124 personnes. Un tel succès indique à quel point la présence d’un photographe dans le village était exceptionnelle, mais aussi que les habitants avaient peu ou pas la possibilité de descendre en ville (images 2, 3, 4, 5).

Comme dans le cas des archives tradi­tionnelles, les archives numériques sont donc le résultat de choix. Tout ne peut pas être conservé, pour des raisons de stockage notamment. Stocker des données numériques est une opération coûteuse dont la pérennité demeure un sujet d’inquiétude. Comment vieilli­ront les supports de sauvegarde de don­nées numériques? Comme le démontre l’histoire de la photographie, les sup­ports les plus récents ne sont pas forcé­ment les plus résistants au passage du temps: les plaques de verre du XIXe siècle vieillissent bien souvent mieux que les polaroïds. Ainsi, si la Média­thèque Valais – Martigny constitue des archives numériques, elle conserve en parallèle les documents originaux. L’ar­rivée de fonds patrimoniaux constitués numériquement amène ainsi de nou­velles questions. Faut-­il réaliser des tirages de ces images numériques pour plus de sécurité? Comment archiver numériquement les immenses stocks des photographes d’aujourd’hui? En effet, n’étant plus limités par le coût des films, les photographes ont souvent tendance à mitrailler. Si l’innovation numérique a quelque peu apaisé la que­relle évoquée plus haut entre conserva­tion et médiation, elle a aussi amené de nouvelles problématiques auxquelles les institutions engagées dans la sauve­ garde du patrimoine audiovisuel vont devoir trouver des solutions.

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Lionel Gauthier

directeur de la Médiathèque Valais – Martigny

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*Pflichtfeld

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In der Mediathek Wallis – Martigny werden seit über 15 Jahren im Rahmen einer Digitalisierungsstrategie jedes Jahr Tausende von Dokumente (Filme, Fotos, Töne) digitalisiert und im Internet zur Verfügung gestellt. Die Digitalisierung und Bereitstellung der Dokumente bieten drei Vorteile: Die Dokumente sind besser zugänglich, sie können zur Geltung gebracht werden ohne dabei beschädigt zu werden, und die Kunden können interaktiv erreicht werden.

Die Digitalisierung ist aber keine Wunderlösung. Probleme, die sich stellen und im Rahmen der Digitalisierungsstrategie gelöst werden müssen, sind vor allem die Sicherung der Daten und deren langfristige Speicherung. (Übersetzung: DR)