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2014/1 Der Alpenraum – ein Kulturraum

Le Musée d’histoire du Valais au coeur des Alpes

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Dès la création d’associations professionnelles spécifiques, le Musée d’histoire du Valais (www.musees-valais.ch) y a été intégré par ses directeurs successifs, conscients de la nécessité d’élargir les collaborations. Ce réseau de relations s’est progressivement développé à plusieurs niveaux. L’Association des Musées suisses, constituée en 1965, a ainsi permis à notre institution de connaître plus en profondeur le paysage muséal national, de confronter ses problèmes aux solutions des grands musées du pays ou de prendre conscience des difficultés d’autres institutions de taille comparable. La professionnalisation des métiers de musée a aussi été un élément moteur de cette association faîtière.


Une institution intégrée à des réseaux nationaux et internationaux


Au niveau cantonal, l’Association valaisanne des musées, fondée en 1981, a été un instrument important de rencontre entre «conservateurs» de milice, les musées cantonaux servant dans ce cas de modèles de référence. L’association a aussi tenté d’éviter la multiplication d’institutions semblables, en militant pour une complémentarité qui n’a pas toujours été comprise dans un canton où, entre 1975 et la fin du XXe siècle, le nombre de musées est passé de 25 à plus de 80. Un pas supplémentaire dans ce domaine a été franchi avec la constitution du Réseau Musées Valais, nouvelle association créée en 2003 dont le but est de rationaliser la présence de musées aux compétences complémentaires sur le territoire valaisan.

Outre ces exemples cantonaux, les associations professionnelles restent le plus souvent organisées à l’échelon national. Au-delà de ces frontières, les relations sont plutôt du domaine de la bonne volonté, ce qui n’enlève bien sûr rien à la qualité des rencontres. Peu après sa création, en 1991, l’Association internationale des musées d’histoire a pu compter sur la participation de celui du Valais, aux côtés d’institutions comme le Deutsches Historisches Museum de Berlin ou le National Museum of Greece. Les thèmes abordés lors des rencontres touchent des problèmes «métier» plutôt que des recherches communes: comment présenter les génocides ou l’épuration ethnique, les musées en tant que lieux de réconciliation, le discours séparatiste dans certains musées de régions, la place de musées «de religions», etc.


Un espace culturel incontournable: les anciens Etats de Savoie

Cantonnées dans les frontières politiques du pays, les collaborations sont apparues trop restrictives pour certaines approches scientifiques. S’orienter vers le plateau suisse ou les cantons de Suisse centrale limitait la recherche pour une région de tous temps ouverte, par les passages alpins, sur l’Italie du Nord et la Savoie. Elargir le débat devenait important, et des collaborations ponctuelles sont nées. Plusieurs projets du programme INTERREG autour des premières traces humaines dans les Alpes, en collaboration avec les archéologues de la vallée d’Aoste, ont par exemple permis de poser l’hypothèse d’un peuplement du Valais par les cols des Alpes valaisannes plutôt que par le verrou de Saint-Maurice.

La COTRAO (Communauté de travail des Alpes occidentales), fondée en 1982, a joué un rôle moteur dans cette collaboration transfrontalière. Au-delà de questions de développement économique, une commission planchait sur des aspects culturels. C’est dans ce cadre qu’a été mise sur pied une vaste exposition transfrontalière pilotée par le Musée dauphinois de Grenoble et portant un titre évocateur: «L’homme et les Alpes». La région concernée était constituée par les cantons du Valais, de Vaud et de Genève, les départements de Rhône-Alpes et de Provence-Alpes-Côte d’Azur, ainsi que par les régions de Ligurie, du Piémont et de Val d’Aoste. Les préfaces de l’ouvrage qui l’accompagnait relevaient toutes les éléments fédérateurs des Alpes occidentales. Le président de la COTRAO, le Conseiller d’Etat vaudois Claude Ruey, estimait que «tout citoyen de nos huit régions et cantons [pouvait voir] dans les Alpes une forme de patrie originelle»2. Son collègue au Conseil d’Etat vaudois, Pierre Cevey, président de la commission «Education et culture», précisait: «Au coeur de l’Europe, les régions et cantons des Alpes occidentales fournissent en effet le cadre de travail le plus proche, le plus immédiatement efficace pour de tels échanges. Le fonds commun des cultures, au sein d’un territoire qui présente partout les mêmes contraintes et les mêmes potentialités, y est plus prégnant peut-être que partout ailleurs sur le vieux continent.

L’unité géographique, les proximités culturelles, les intenses rapports de voisinage entretenus depuis la plus haute antiquité par les populations vivant de part et d’autre des frontières administratives et politiques: tout est propice à de tels rapprochements, et rend l’action culturelle plus évidente, plus immédiatement accessible au public3.» Cette exposition accueillie à Sion en 1993, après Grenoble et Turin, a jeté les premiers ponts entre notre institution et ses consoeurs par-delà les Alpes.

L’importance des contacts pris à cette occasion a été vite comprise, et il est apparu très dommageable de ne pas les poursuivre. Ceci était d’autant plus nécessaire que, pour les périodes anciennes de notre histoire, et plus particulièrement pour le Moyen Age, notre patrimoine culturel était indissociable de l’Etat politique qui gouvernait les Alpes occidentales d’alors: la Maison de Savoie. Ce pouvoir centralisé et fort a marqué les régions qu’il dirigeait (dont le Bas-Valais), mais aussi les Etats satellites comme pouvait l’être le Valais épiscopal à la fin du Moyen Age. Nombres d’évêques provenaient en effet de familles d’obédience savoyarde, comme les Challant ou les Châtillon.


Le projet «Sculpture médiévale dans les Alpes»


Cette constatation a poussé certains partenaires du projet «L’homme et les Alpes» à poursuivre leur collaboration. C’est d’abord autour de la sculpture médiévale dans les anciens Etats de Savoie que le projet s’est dessiné, avec comme objectif, la constitution d’un corpus le plus complet possible en la matière, l’idée étant d’investiguer par la suite la peinture, le mobilier, etc. Participent à ce projet intitulé «Sculpture médiévale dans les Alpes», dont l’accord de partenariat a été signé le 31 mai 2005, les musées français d’Annecy, Bourg-en-Bresse, Chambéry, la Conservation départementale du patrimoine des Alpes maritimes, les musées suisses de Fribourg, Lausanne, Sion, Zurich, les musées italiens de Turin, le diocèse de Suse et la région Vallée d’Aoste. La base de données⁴, présentée dans le cadre de l’exposition turinoise «Corti et Città.

Arte del Quattrocento nelle Alpi occidentali» (21 janvier – 30 avril 2006) a été la première réalisation commune de ce groupe de travail qui fonctionne de manière totalement volontaire. Ses membres ont poussé encore plus loin leur collaboration en proposant en 2013 d’exploiter cette base sous la forme d’une exposition autour de la représentation des saints au Moyen Age dans les Alpes occidentales. Contrairement à «L’homme et les Alpes», cette exposition n’a pu être montée en un seul endroit, puis circuler, les délicates sculptures polychromes médiévales n’y auraient pas survécu sans dommage. Le projet s’est donc développé autour de la thématique centrale, avec une déclinaison propre à chacune des institutions qui ont voulu, et pu, y participer – coordonner un moment commun à des institutions dépendant de calendriers propres à leur région, dans trois pays différents, n’étant pas commode. Certains membres du groupe n’ont pas monté leur propre exposition, mais ont contribué sous d’autres formes au projet, en particulier par des contributions au catalogue commun qui, édité en français et en italien, accompagnait le projet5, participation au colloque scientifique organisé par l’Université de Genève, etc. Cinq sites ont montré chacun un aspect de cette iconographie médiévale, Sion ayant choisi d’explorer de quelle manière le pouvoir politique en place pouvait orienter l’iconographie de certains saints, pour ses besoins propres, se basant sur les exemples de Maurice et de Théodule6. Le succès de cette collaboration a poussé les membres du groupe de travail à réfléchir à d’autres pistes d’étude, afin de ne pas perdre les contacts étroits patiemment tissés dans ce cadre.

A l’avenir

Le Musée d’histoire du Valais compte bien poursuivre ces collaborations scientifiques avec nos partenaires alpins, en plus des réseaux régionaux et nationaux, car elles correspondent à des entités culturelles plus conformes à la réalité historique que les frontières politiques actuelles. Il s’agit toutefois d’éviter l’application d’une recette unique. Ce qui est vrai pour le Moyen Age, comme nous l’avons vu plus haut avec la Maison de Savoie, n’est plus une réalité dès le XVIe siècle quand la mainmise sur le Valais savoyard est reprise par le Valais épiscopal. Ce dernier était alors dirigé par des prélats haut-valaisans tournés plutôt vers les villes et régions suisses-alémaniques. Chaque conservateur de département a donc, parmi ses tâches multiples, celle de maintenir notre institution dans les réseaux qui font sens, mais les Alpes occidentales demeurent un espace incontournable dans la plupart des cas.

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Patrick Elsig

Directeur du Musée d'histoire du Valais

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Seit der Gründung spezifischer Berufsverbände ist das Geschichtsmuseum Wallis durchseine Direktoren in diese Organisationen eingebunden, im Bewusstsein, dass eine Erweiterung der Zusammenarbeit notwendig ist. Dieses Beziehungsnetz hat sich fortlaufend auf mehreren Ebenen entwickelt. Der 1965 gegründete Verband der Museen der Schweiz hat es unserer Institution erlaubt, die nationale Museumslandschaft besser kennenzulernen, seine eigenen Probleme mit den Lösungen der grossen Museen des Landes zu vergleichen und sich der Schwierigkeiten von Institutionen vergleichbarer Grösse bewusst zu werden.

Diese Zusammenarbeit, die durch die politischen Grenzen des Landes bestimmt ist, hat sich für gewisse wissenschaftliche Fragestellungen als zu begrenzt erwiesen. Sich auf das Schweizer Mittelland oder die Innerschweizer Kantone zu orientieren, bedeutet eine Einschränkung für eine Region, die in allen Epochen durch die Alpenübergänge offen nach Norditalien und Savoyen gewesen ist.

Die Cotrao (Communauté de travail des Alpes occidentales), die 1982 gegründet wurde, hat für diese grenzüberschreitende Zusammenarbeit eine wichtige Rolle gespielt. Die betroffene Region umfasste die Kantone Wallis, Waadt und Genf, die Departemente Rhône-Alpes und Provence-Alpes-Côte d’Azur sowie die Regionen Ligurien, Piemont und Val d’Aosta.

Das Geschichtsmuseum Wallis möchte die wissenschaftliche Zusammenarbeit mit seinen alpinen Partnern, über die regionalen und nationalen Netzwerke hinaus, fortsetzen, denn sie entsprechen kulturellen Einheiten, die den historischen Realitäten eher gerecht werden als die aktuellen politischen Grenzen. (Übersetzung: as)