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2013/3 Parlons jeunesse – Reden wir vom jungen Publikum!

Promotion de la littérature et de la lecture: deux axes d’action de l’Institut suisse Jeunesse et Médias

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Comment concevoir notre rôle en fonction de nos missions? Comment appréhender les publics auxquels nos actions sont destinées? Comment penser nos démarches afin de remplir au mieux les objectifs qui découlent de nos missions? Voici quelques-unes des questions que nous tenterons d’expliciter ici autour de deux axes d’action de l’ISJM, à savoir la plateforme www.ricochetjeunes.org, d’une part, et la promotion de la littérature et de la lecture en milieu scolaire, d’autre part.

1.  Comment concevoir notre rôle institutionnel?

Les missions prioritaires de l’Institut suisse Jeunesse et Médias (ISJM) sont de:

– concevoir des projets d’éveil au livre et de promotion de la lecture auprès des enfants, de la petite enfance jusqu’à l’adolescence;

– documenter le champ de la littérature jeunesse romande et francophone;

– transmettre des informations et des savoirs théoriques et pratiques dans le domaine.

Ces missions sont partagées à l’échelle régionale, nationale et internationale par les trois bureaux de l’ISJM: le bureau alémanique et central à Zurich, le bureau romand à Lausanne et le bureau italophone au Tessin. A cela s’ajoute, pour le bureau alémanique par ailleurs institut universitaire associé à l’Université de Zurich, une mission de recherche.

Sur le terrain et pour l’animation des projets, le bureau romand de l’ISJM collabore très étroitement avec l’association Jeunesse et Médias.AROLE, qui lui est affiliée.

D’emblée, ce cadre désigne l’ISJM en tant que plate-forme d’échanges et de production de savoirs dans le domaine de la lecture et de la littérature de jeunesse, à l’interface avec de nombreux acteurs institutionnels et privés, collectifs et individuels, à l’échelle régionale, nationale et internationale.
En d’autres termes, l’ISJM fait partie d’un réseau à dimension variable pour la production des projets et il s’adresse à un autre réseau destinataire des projets, de dimension variable lui aussi – l’un et l’autre se superposant en partie ou entièrement parfois.


2. www.ricochet-jeunes.org

Ricochet, acronyme de Réseau International de Communication entre Chercheurs, a été créé en 1994, suite à l’arrivée des nouvelles technologies et à l’impulsion visionnaire de Janine Despinette, critique spécialisé et chercheur en littérature de jeunesse, et Henri Hudirisier, enseignant chercheur. Jusqu’en 2010, il était géré par l’association Centre international d’études en littérature de jeunesse (CIELJ) basée en France, qui s’est dissoute en 2010. Après une période de transition de 18 mois, la reprise officielle de Ricochet par l’ISJM a été validée par la justice française en 2012.
Dans sa version actuelle, Ricochet s’articule en cinq grandes parties: les livres (auteurs, illustrateurs, éditeurs, présentation et chroniques de livres ...), l’agenda (expositions, salons, formations, prix décernés, actualités), le magazine, la recherche (chercheurs et littérature secondaire) et les services (promotion de jeunes créateurs, expositions à louer ou spectacles à accueillir en représentation ...). Ces différentes rubriques appuient le travail quotidien de tous les acteurs du livre autour de la création, la production, la médiation, la réception, la formation, la recherche ... Elles forment un tout cohérent permettant de répondre aux attentes tantôt convergentes, tantôt distinctes de tous les publics cibles, leur permettant, de lien en lien, d’élargir leurs horizons s’ils le souhaitent. Voici un exemple illustrant ces propos: un éditeur nous envoie l’une de ses dernières parutions en service de presse. Grâce à son référencement dans Ricochet, les bibliographies de l’éditeur et du/des auteur/s et/ ou illustrateur/s sont complétées, ce qui amène une certaine visibilité à ces différents acteurs et à l’ouvrage concerné. Les chroniques de livres, rédigées par des spécialistes mandatés par l’ISJM, sont très appréciées des bibliothécaires, des enseignants et des libraires car elles leur offrent des repères dans une production éditoriale sans cesse croissante. L’utilisation de Ricochet chez les jeunes est limitée mais constante: si certains y recherchent un résumé afin de peaufiner un exposé à rendre le lendemain, d’autres s’adonnent à la critique, de leur propre chef ou dans le cadre d’un travail scolaire. Les articles du magazine, la recension d’articles de recherche ou d’études, et même la littérature primaire offrent aux chercheurs une partie de la matière première nécessaire au développement de leurs réflexions.

Les défis que Ricochet devra relever dans le futur sont multiples:

– l’explosion documentaire. Les ouvrages destinés à la jeunesse représentent un segment très porteur dans le monde de l’édition. Ainsi, la production éditoriale tend à croître encore plus vite que pour d’autres secteurs plus touchés par la crise ou l’édition numérique. De plus, le nombre de sites internet, blogs, books de créateurs, associations, institutions est exponentiel. Si à l’origine Ricochet souhaitait être exhaustif, cette vision est à présent utopique.

– l’avènement des livres numériques. Pour le moment, l’offre numérique à destination des enfants n’est pas encore très étoffée, et la demande est faible. Toutefois, cela devrait changer ces prochaines années.

– une refonte totale du site. Le graphisme et la technique employés

pour le site actuel (mis en ligne en 2009) sont obsolètes. La prochaine version devra disposer d’une ergonomie et d’une navigation agréables et adaptées aux goûts et besoins des différents publicscibles, offrir plus de possibilités de recherche, intégrer davantage de contenu de type social et inclure une version mobile.

3.  La promotion de la littérature et de  la lecture en milieu scolaire dans les cantons romands

Missions

A travers des animations, des expositions, des échanges entre pairs ou des jurys de lecture, les projets de l’ISJM proposent des expériences sociales, ludiques et culturelles aux élèves et à leur enseignant-e-s autour de livres, de textes et d’illustrations de littérature jeunesse, dans le but de susciter la découverte et l’échange.

Expérimentant ainsi le plaisir de lire, de débattre, de produire des textes et des images, les enfants devraient trouver davantage de sens à s’engager dans les apprentissages formels de la langue – ardus mais indispensables – pour s’assurer une intégration sociale et une formation professionnelle ultérieures réussies.

Les projets de l’ISJM se comprennent donc comme des compléments utiles (et nécessaires) à l’apprentissage formel de la lecture et de l’écriture.

Les acteurs scolaires, en particulier les bibliothécaires et les enseignant-e-s, pratiquent bien sûr eux aussi des expériences sociales et culturelles autour de l’apprentissage de la langue. Toutefois, tenus par une grille horaire ou un cahier des charges bien rempli, ils apprécient le recours à des partenaires externes spécialisés, tels l’ISJM, la Bataille des livres, etc., qui apportent un soutien aux enseignant-e-s et offrent aux élèves une parenthèse qui vient, comme en contrepoint, renforcer et soutenir l’apprentissage plus conventionnel de la langue.

Contexte

Proposer des outils à l’école en tant qu’intervenant extérieur est facilité si l’on est quelque peu familier du système scolaire. Car amener un projet à un-e enseignant-e et à sa classe, c’est se mettre en contact direct ou indirect avec tout un ensemble d’acteurs scolaires (direction pédagogique et administrative, bibliothécaire, etc.) et tenir compte de diverses conditions-cadres (PER, financement, etc.).

Le schéma ci-dessous montre comment nous appréhendons le système scolaire et avec quels acteurs nous sommes en relation pour la mise en œuvre des projets, en particulier les Virus Lecture et Virus+.

Dans le canton de Vaud, un réseau de bibliothèques scolaires est en train d’être mis sur pied, dont une des missions principales est de réaliser des animations pour les classes. Il est important,

dans ce contexte, de voir comment l’ISJM peut rester utile et complémentaire à l’école sans empiéter sur les missions des bibliothèques scolaires, en développant de nouvelles démarches ou en prévoyant des procédures d’inter-actions avec les bibliothécaires, par exemple.

Publics

Le public de nos actions est l’élève mais également l’enseignant-e, et dans une moindre mesure, la famille.


– L’enseignant 

A l’origine, les Virus Lecture et autres projets circulaient librement de classe en classe et d’établissement scolaire à établissement scolaire. Ce mode de faire, reposant sur la motivation de bénévoles et d’enseignants très au fait de la promotion de la lecture, s’est révélé limité, peinant à faire connaître les projets au-delà d’un cercle de personnes déjà initiées. Une expérience pilote menée dans le canton de Vaud a mis en évidence le plus grand impact de nos projets s’ils étaient accompagnés par une formation-information des enseignant-e-s. Désormais une formation, dispensée en tant que formation continue des HEP dans les cantons de Berne, Jura, Neuchâtel et Vaud, et en tant que formation d’établissement dans les autres cantons, accompagne les projets en début et en fin d’année scolaire.
 
– L’élève 

L’élève est le destinataire ultime de nos actions. Nous avons le privilège, et la nécessité, de ne pas le considérer comme un élève mais comme une personne à part entière, un enfant ou un jeune, avec les droits et les devoirs attribués généralement aux groupes sociaux et, en ce qui nous concerne plus particulièrement, les «droits imprescriptibles du lecteur» de Daniel Pennac1. Ainsi, nous invitons les enseignant-e-s à ne pas réaliser de contrôle ni d’évaluation des activités liées à nos projets, pour permettre aux enfants et aux jeunes de pouvoir vivre des expériences culturelles «gratuites», pour le plaisir, sans contrepartie à produire dans un travail scolaire obligatoire. En quelque sorte, notre pédagogie est celle du plaisir.


– La famille 

La famille joue un rôle majeur – aujourd’hui reconnu – dans les apprentissages scolaires ou non des enfants. En matière de lecture, cela est largement confirmé par les études sur l’illettrisme qui permettent d’affirmer que plus l’écrit est absent dans la famille, plus la représentation de la lecture est négative chez l’enfant2. Pour favoriser une représentation positive du livre au sein de la famille, nous proposons aux enseignant-e-s d’inviter les parents, frères et sœurs à venir en classe pour un après-midi de découverte des livres du projet.

4. Conclusions

Bien que les interventions de l’ISJM se situent en amont de son public cible, aucun projet ne saurait être imaginé, puis développé sans garder à l’esprit les spécificités et identités des enfants et des jeunes, comme, par exemple, leur immersion souvent dès le plus jeune âge dans un univers multimédia, support de narrations, de jeux, de contacts sociaux et d’apprentissages qui en fait, d’une certaine façon, des lecteurs experts.

Dans cet article, nous avons accentué le fait que le travail de l’ISJM s’insère dans un réseau d’acteurs, tant au niveau de la conception et la production des projets qu’au niveau des publics. Nous aimerions souligner, en conclusion, que ce réseau enrichit les réflexions et le travail de notre équipe, et qu’il apporte, dans le même temps, des contacts humains riches avec nos partenaires, contacts qui nourrissent également nos démarches.

Prestations

Parmi les prestations proposées aux écoles, citons notamment:

– Ribambelle

– Virus Lecture

– Virus+

– Prix Enfantaisie

– Nuit du conte

– Exposition Entre les pages

– Exposition Lectures d’enfances

– Visites de créateurs

– Animations.

Le lecteur trouvera de plus amples renseignements à leur sujet sur le site www.isjm.ch, rubrique Actualités, Projets en milieu scolaire.

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Brigitte Praplan

Institut suisse Jeunesse et Médias ISJM, Lausanne

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Vanessa Borghini

Institut suisse Jeunesse et Médias ISJM, Lausanne

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Das Institut suisse Jeunesse et Médias stellt zwei seiner Aktionsschwerpunkte vor: die Plattform www.ricochet-jeunes.org und die Leseförderung sowie die Lektüre im Schulbereich.

In ihrer gewärtigen Konzeption gliedert sich die Internet-Site Ricochet in fünf grosse Teile: Bücher (Autoren, Illustratoren, Herausgeber, Vorstellung und Entstehungsgeschichte der Bücher), Agenda (Ausstellungen, Salons, Ausbildungen, Preisverleihungen, Aktuelles), Magazin, Suche (nach Sekundärliteratur für Forschende) und Dienste (Förderung junger Schaffender, Ausstellungen zur Ausleihe oder Vorführungen zur Präsentation). Die Benutzung von Ricochet bei den Jugendlichen hält sich in Grenzen, ist aber dafür konstant. Eine Zusammenfassung dient der Überarbeitung eines Vortrags, einige verfassen Rezensionen, entweder in eigener Initiative oder im Rahmen von Schularbeiten. Die Beiträge des Magazins, die Rezension von Artikeln und Studien und sogar die Schullektüre sind Gegenstände der Forscher.

Durch Animationen, Ausstellungen und Austausch zwischen Peers oder Leserjurys schaffen die Projekte des ISJM soziale, spielerische und kulturelle Erfahrungen für Schülerinnen und Schüler und ihre Lehrpersonen rund um Bücher, Texte und Illustrationen der Jugendliteratur, mit dem Ziel, zu Entdeckung und Austausch beizutragen.