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2013/4 Linked Open Data und Big Data

Les applications basées sur les LOD en bibliothèque: un tour d’horizon

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Les Linked Open Data (LOD) sont devenus aujourd’hui un thème récurrent en bibliothèque, mais la plus-value qu’ils peuvent apporter est encore très difficile à percevoir. Quels résultats concrets ont déjà été atteints? Quelles sont, en bibliothèque, les applications LOD existantes à ce jour? Qu’en est-il de la situation en Suisse?

Tour d’horizon

De nombreux projets de mise à dispo­sition de données bibliographiques en LOD sont en cours de réalisation ou ont abouti. En 2008 déjà, la Library of Congress (Etats-­Unis) publiait le LCSHLibrary of Congress Subject Headings, fichier d’autorités matières en anglais, disponible sur http://id.loc.gov/authorities/subjects.html.en RDF. Mais le phénomène touche en particulier les bibliothèques euro­péennes. Par exemple, le réseau sué­dois Libris1fut, la même année, le pre­mier à publier l’intégralité de son cata­logue en RDF.

D’autres institutions ont suivi. Plu­sieurs bibliothèques nationales (Alle­magne, France, Grande­-Bretagne, Hon­grie, etc.) ainsi que des bibliothèques et réseaux universitaires, principalement allemands et français, ont publié cer­taines de leurs données.

Les données bibliographiques incluent également les fichiers d’autorités, qui sont particulièrement visés par les pro­jets LOD. Ainsi, les fichiers d’autorités auteurs de plus de 30 bibliothèques ont été convertis en RDF et reliés (ils sont accessibles sur le site du VIAF2), tout comme les fichiers d’autorités matières RAMEAU en français, LCSH en anglais et GND en allemandISAAC, Antoine. RAMEAU subject headings as SKOS linked data. Department of Computer Sciences, University of Amsterdam (en ligne). 2012. [Consulté le 14 octobre 2013]. Disponible à l’adresse: www.cs.vu.nl/STITCH/rameau/.. Du fait qu’ils représentent des concepts du monde réel, comme des personnes ou des lieux, ces fichiers ont un potentiel de liaison bien plus grand que les données décrivant des documents: ils peuvent être liés à des données qui ne sont pas d’ordre bibliographique.

Néanmoins, la plupart de ces initia­tives, après avoir converti et lié les don­nées, se contentent de les mettre à dis­position. Mais au­-delà de la simple ex­position des données, la possibilité de les exploiter, au moyen d’applications, est encore rarement considérée par les bibliothèques. Très peu d’applications LOD existent à ce jour. Et pourtant, c’est là que réside le réel potentiel de plus­ value pour l’utilisateur.

Des données aux applications

Une application consiste en un logiciel traitant des données en vue de fournir un service à l’utilisateur. Dans cet ar­ticle, nous avons donc considéré comme applications LOD en bibliothèque uni­quement les services web destinés directement aux utilisateurs et apportant une plus­-value basée sur les LOD. Ceci exclut notamment certaines interfaces dont l’utilisation nécessite des connaissances spécifiques, telles que le langage SPARQL par exemple.

Quelques bibliothèques disposent au­jourd’hui de services web rendant ac­cessibles les données bibliographiques en LOD. Néanmoins, la plus-­value est bien souvent peu perceptible pour l’uti­lisateur direct, voire inexistante. De tels services sont entre autres proposés par le Sudoc3(France), Libris (Suède), le réseau HBZ4 (Allemagne), la biblio­thèque de l’Université de Winchester5(Angleterre) ou encore les bibliothèques nationales allemande6, hongroise7et britannique8.

Il existe néanmoins de réelles applica­tions destinées directement à l’utilisa­teur lambda. En voici trois des plus abouties:

– Le Virtual International Authority File (VIAF). Maintenu par OCLC, ce portail fournit un accès centralisé aux notices d’autorités auteurs de diffé­rents réseaux et grandes biblio­thèques, reliées entre elles.

– Le Centre Pompidou virtuel9. Le nou­veau site du Centre Pompidou à Paris, inauguré en octobre 2012, propose une interface moderne donnant accès à toutes les ressources de ses diverses institutions. On y trouve notamment des notices de documents, des œuvres d’art numérisées, mais également toutes les ressources produites par le Centre lui-­même: affiches, vidéos et enregistrements d’événements, dos­siers pédagogiques, etc. Cependant, les données ne sont pas disponibles sous une licence ouverte, donc il ne s’agit pas d’une application stricte­ment LOD.

– Data.bnf.fr. Cette application propose un accès unique à trois bases de don­nées de la Bibliothèque nationale de France: le catalogue général, Gallica ainsi qu’Archives et manuscrits. Les données ont été FRBRisées pour être regroupées au sein de pages d’œuvres, d’auteurs et de sujets. De plus, des liens renvoient vers des notices d’au­torités externes et des articles Wikipé­dia. Dans ses pages «ateliers», data.bnf.fr propose également de nouvelles manières d’exploiter les données, par exemple en les présentant sous forme de cartes et de frises chronologiques générées automatiquement.

La plus-value des applications

L’exploitation des LOD au moyen d’ap­plications est encore très peu courante dans les bibliothèques. Pourtant, par rapport à un catalogue en ligne, cela peut apporter plusieurs avantages à l’utilisateur final, parmi lesquels:

La recherche fédérée

Dans data.bnf.fr par exemple, les di­verses données, initialement encodées en MARC, Dublin Core et EAD, ont été converties dans un même format du modèle RDFBibliothèque Nationale de France. Web sémantique et modèle de données. data.bnf. fr (en ligne). [Consulté le 14 octobre 2013]. Disponible à l’adresse: http://data.bnf.fr/semanticweb.. Grâce à cela, une seule requête permet d’interroger trois réser­voirs de manière optimisée. La page d’un auteur fournit ainsi un accès unique à toutes les ressources liées à cet auteur, quels qu’en soient leurs ré­servoirs de base. Cela permet égale­ment, de pair avec la FRBRisation, d’éviter les doublons.

L’enrichissement des catalogues

Le principe de base des LOD réside dans la liaison des données. Les applications peuvent donc proposer des liens vers d’autres ressources, internes ou ex­ternes, pour favoriser la découverte et la sérendipité lors de la recherche. Le Centre Pompidou propose par exemple d’augmenter l’expérience de l’utilisateur par de nombreux liens internes, notam­ment vers des vidéos et des dossiers pédagogiques créés par ses institutions.

Les recherches multilingues

Les LOD sont prometteurs dans ce do­maine. Par exemple, lors d’une requête dans The European Library10, le système propose des sujets connexes au terme recherché, en français, allemand et anglais, grâce à l’alignement des fi­chiers d’autorités matières RAMEAU, LCSH et GND en format RDF.

La visibilité des catalogues sur le Web

Un format compatible avec les stan­dards du Web permet aux données d’apparaître dans les résultats des mo­teurs de recherche.

Et en Suisse?

Pour connaître l’état de la situation en Suisse, nous avons contacté les princi­paux acteurs susceptibles d’être inté­ressés par le développement des LOD, soit les grandes bibliothèques et les réseaux. Selon les résultats obtenus, un certain retard peut être constaté. En effet, seules quatre institu­tions sur les onze ayant répondu ont un projet LOD en cours de préparation: RERO, la Bibliothèque nationale, Swissbib et la bibliothèque du CERN. Cependant, rien n’a encore abouti à un résultat concret. RERO, par exemple, a déjà préparé le terrain pour le passage aux LOD, notamment en participant au VIAF, en intégrant RAMEAU, en en­courageant la création de notices d’au­torités auteurs au sein du réseau ainsi qu’en attribuant des URI à ses données. 

Ce retard peut être dû à différents fac­teurs. D’une part, les institutions suisses sont très petites en comparai­son à des géants tels que la Bibliothèque nationale de France, et cela représente un frein. D’autre part, les institutions suisses n’ont pas encore toutes déter­miné à qui revient la responsabilité du développement des LOD. Est-­ce la tâche des réseaux ou de chaque bibliothèque?

La Bibliothèque nationale doit-­elle montrer l’exemple? Faut­-il organiser un projet au niveau national? Cette problé­matique est essentiellement d’ordre stratégique.

Conclusion

Les LOD reposent sur une technologie très jeune et encore en pleine phase de recherche. Très peu d’applications ont déjà été créées par les bibliothèques directement pour leurs utilisateurs. La plus­-value des LOD est encore difficile à percevoir: aucune «killer applica­tion», révolutionnant la recherche et l’exploitation des données, n’a pour l’instant été inventée. Les bibliothèques suisses, en retard dans ce domaine, devraient se fixer des objectifs et prendre position par rapport aux LOD. Si elles ne souhaitent ou ne peuvent pas encore investir dans un tel projet, elles peuvent du moins déjà soigner et enri­chir leurs fichiers d’autorités, qui sont la clé de voûte des LOD en bibliothèque.

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Nicolas Prongué

spécialiste en information documentaire

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Jasmin Hügi

spécialiste en information documentaire

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LOD beruht auf einer sehr jungen Technologie, die sich noch im Forschungsstadium befindet. Es gibt erst sehr wenige Anwendungssoftware, die von Bibliotheken für ihre Nutzer entwickelt wurde. Der Wert der LOD kann noch nicht beziffert werden: Es wurde bis jetzt keine eigentliche «Killer-Applikation» erfunden, die die Suche und die Verwaltung von Daten revolutioniert hätte. Die Schweizer Bibliotheken, die diesbezüglich der Entwicklung etwas hinterher hinken, müssen in Bezug auf LOD Stellung beziehen und sich Ziele setzen Wenn die Bibliotheken sich noch nicht in solche Projekte einbringen können oder wollen, so können sie zumindest ihre Autoritätsdaten, die den Zugangsschlüssel zu LOD in Bibliotheken darstellen, anreichern und pflegen.