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2011/3 Elektronische Bibliothek Schweiz

infoclio.ch – le portail professionnel des sciences historiques en Suisse

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L’histoire d’infoclio.ch remonte à 2001, lorsque l’ancienne Société générale suisse d’histoire réforme son organisa- tion et adopte son appellation actuelle de Société suisse d’histoire (SSH). Un nouveau département «Internet» voit le jour lors de cette réorganisation, qui donnera naissance à un premier projet de portail suisse pour l’histoire: Swiss History Portal. L’idée principale, reprise plus tard dans la base de données infoclio.ch, est de créer un «Subject Gate- way», un site Internet thématique qui recense les institutions et les ressources en ligne pertinentes pour la recherche historique en Suisse. 

Une première demande de financement pour une étude de faisabilité reste malheureusement sans réponse, et, en 2003, le projet Swiss History Portal est archivé.

En 2005, sous la présidence de Régina Wecker, un nouveau projet de portail, plus ambitieux que le précédent, voit le jour au sein de la SSH. Le concept est rédigé par Susanna Burghartz et Madeleine Herren, qui optent pour le nom d’infoclio.ch.

Réaliser la vocation de Clio dans le monde numérique? Le projet infoclio.ch de 2005 se base sur trois piliers: Information, Knowledge, Storage. La partie Information reprend l’idée d’un portail thématique; la partie Knowledge propose de fédérer l’information historique disponible en ligne; la partie Storage entend établir infoclio.ch comme centre de compétence en matière de numérisation.

En 2005, une étude de faisabilité est confiée à l’entreprise econzept AG de Zurich. Suivent entre 2006 et 2007 une série de consultations et de prises de positions par divers représentants intentionnels qui recentrent les objectifs du projet sur la partie Information. Au cours de ces consultations naît parallèlement l’idée d’associer infoclio.ch au projet cadre e-lib.ch, en tant que projet pilote de portail thématique, mais indépendant au niveau du financement. Infoclio.ch est officiellement intégré en 2007 dans la planification pluriannuelle de l’Académie suisse des sciences sociales et humaines, et reçoit finalement un financement pour sa réalisation dans le cadre du Message du Conseil fédéral pour la recherche et l’éducation 2008–2011.

Les deux grands frères allemands d’infoclio.ch 

Philippe Ischer, premier directeur d’infoclio.ch, rédige en 2008 le concept du portail web infoclio.ch et mandate l’entreprise Liip AG pour la réalisation de son développement. Au cœur de l’outil, réalisé avec le CMS Drupal1, se trouve une base de donnée qui doit recenser les institutions et les ressources en ligne disponibles sur le web suisse. Alors que les sites Internet dans les sciences humaines se multiplient et offrent une palette toujours plus riche de services en ligne, créer un répertoire national qui serve de point d’accès au web historique suisse est une priorité. Mais comment organiser toutes ces informations? 

C’est de l’Allemagne que viendra la réponse. En effet, infoclio.ch va s’associer en 2008 à deux projets déjà bien établis dans le paysage historique suisse germanophone. Il s’agit, d’une part, de la liste de diffusion «H-Soz-u-Kult»2, fondée dès 1996 par la Humbolt-Universität de Berlin, très appréciée pour ses comptes rendus d’ouvrages historiques et son service d’agenda scientifique, et, d’autre part, le portail allemand des sciences historiques «Clio online»3 crée en 2001 par un réseau d’institutions académiques. Ce dernier a mis sur pied en 2003 le «Netzwerk Internetressourcen Geschichte»4, un répertoire de ressources en ligne dans le domaine de l’histoire, riche de quelque 16 000 sites Internet.

Architecture de l’information

La base infoclio.ch contient deux types de notices: les institutions et les ressources en ligne. Dans la catégorie «institutions» sont recensés les départements d’histoire, les centres de re- cherche, les bibliothèques cantonales et universitaires, les archives, les musées et les sociétés historiques. Dans la catégorie «ressources en ligne» sont répertoriées les sources d’information scientifique librement accessibles comme les catalogues de bibliothèque, les inventaires d’archives, les corpus de sources numérisés, la littérature rétro-digitalisée, les bibliographies et diverses bases de données.

L’objectif est de constituer un répertoire le plus exhaustif possible du web historique suisse. Le classement des ressources se fait au moyen de trois vocabulaires fermés, respectivement pour le sujet, la date et la région, complétés par une quatrième liste de termes relatifs au type de ressource. A cela s’ajoute encore un champ l ibre pour des mots-clés. Dérivée du système de classification décimale de Dewey, chacune de ces listes comprend environ soixante termes. Infoclio.ch partage cette architecture de classement avec les autres membres du réseau Netzwerk Internetressourcen Geschichte, ce qui rend les données interopérables. La base de données utilise en outre le moteur de recherche open source Apache Solr qui permet de présenter les résultats sous la forme de facettes (faceted search). Au total, la base infoclio.ch contient quelques 1200 institutions et autant de ressources en ligne, tendance à la hausse. Elle requiert un travail constant d’actualisation et de correction, qui n’est rendu possible que par la taille modeste de notre pays!

Infoclio.ch gère deux autres bases de données à caractère académique: la base de données des recensions d’ouvrages historiques et la base de données des travaux de licences, master et doctorats en histoire soutenus dans les universités de Suisse. La base des recensions est le fruit d’une collaboration avec plusieurs périodiques historiques suisses à caractère régional ou disciplinaire5, qui nous livrent leurs recensions après leur parution en format papier. Elle intègre également les comptes rendus concernant la Suisse, qui paraissent sur H-Soz-u-Kult.

Fondée par la Société suisse d’histoire en 1989, et riche de près de 10000 titres, la base Liz/Diss recense systématiquement depuis 20 ans les travaux en histoire soutenus dans les universités de Suisse. Liz/Diss est un instrument unique pour suivre les orientations de la recherche historique en Suisse. Elle s’est développée grâce aux efforts combinés de la Société suisse d’histoire et des secrétaires des départements d’histoire, qui, chaque année, rassemblent les informations sur les travaux en cours. Administrée depuis 2009 par infoclio.ch, la base devrait s’enrichir dans ces prochaines années des abstracts des travaux et faire l’objet d’une redocumentarisation pour pallier aux carences de ses métadonnées.

En plus de ces trois bases de données, infoclio.ch a développé une série d’autres services rapidement décrits ci-dessous:

  • Actualités Service de veille scientifique sur l’actualité de la recherche en histoire et les digital humanities. Possibilité de syndication par RSS.

  • Agenda des manifestations Colloque, appels à contributions, conférences et expositions dans toute la Suisse. Possibilité de syndication par RSS.

  • Offres d’emploi Offres d’emploi actuelles pour historiennes et historiens.

  • Comptes rendus de colloques Comptes rendus de colloques et conférences rédigés par des jeunes chercheurs.

  • Boîte à outils numériques Sélection de logiciels gratuits et faciles d’utilisation pour la récolte, l’organisation et le partage de l’information numérique en sciences humaines.

  • Infoclio.ch Multimédia Interviews de professionnels et enregistrements de conférences scientifiques.

  • Facebook (www.facebook.com/infoclio.ch)
  • Twitter (@infoclio) 
  • Blog infoclio.ch Présentations de projets, réflexions et commentaires sur le devenir de l’histoire et les humanités numériques. Possibilité de syndication par RSS.

A la recherche de la «communauté scientifique» 

Comme le remarquait Frédéric Sardet dans le dernier numéro d’arbido, c’est aussi «aux chercheurs de faire vivre cette communauté numérique qu’on ne doit pas réduire à une simple liste de liens (...).»6. Mais comment faire participer activement les utilisateurs à la vie du portail? La question occupe les acteurs du projet infoclio.ch depuis l’origine, sans pour autant trouver de réponse simple. Mentionnons d’abord les point positifs: le calendrier des manifestations et le blog reçoivent régulièrement des contributions des utilisateurs, qui peuvent intégrer directement leurs contenus sur le site. La fonction interne «Bookmarks» est bien utilisée par les utilisateurs. Des institutions contactent régulièrement infoclio.ch pour signaler leurs nouveaux projets, proposer des corrections sur la base de données, ou annoncer des offres d’emploi. La rubrique Comptes rendus, lancée en 2011, reçoit périodiquement des textes originaux de jeunes chercheurs sur des conférences et des colloques. En général, la fréquentation du site est à la hausse, et les utilisateurs sont en majorité satisfaits de la qualité des contenus.

Mais tout n’est pas rose: rares sont les utilisateurs qui remplissent leur page de profil, et encore plus rares sont ceux qui ajoutent un commentaire ou un feedback. Malgré plusieurs tentatives, le blog n’accueille ni discussions ni débats. De même, les contenus multimédia ne suscitent qu’une attention limitée.

L’étude sur les usages d’infoclio.ch du projet ACCEPT7 permet d’avancer quelques éléments de réponses à cet état de fait. On peut définir deux grandes typologies d’usage du portail infoclio.ch: l’approche utilitariste et l’ap- proche exploratoire. Dans le premier cas, l’utilisateur sait ce qu’il cherche en arrivant sur le portail et utilise en priorité les services qui lui donnent un accès rapide à un type d’information déterminé: manifestations, recensions d’ouvrage, travaux académiques, offres d’emploi. La ressource la plus plébiscitée est cependant la rubrique des News, un service de veille en histoire qui combine actualités de la recherche historique, projets d’information scientifique et nouveautés du portail infoclio.ch. Le succès des News révèle l’importance de l’approche exploratoire dans les attentes des utilisateurs. Dans un écosystème de l’information scientifique en rapide évolution, la demande en information pour rester au courant de ce qui se fait et comprendre les changements en cours est très forte.

De l’histoire digitale aux digital humanities? 

Depuis l’origine, le public d’infoclio.ch n’est pas uniquement composé d’historiens, mais également de nombreux professionnels de l’information documentaire. Si 50% des utilisateurs travaillent à l’université, 20% des utilisateurs travaillent dans des archives, et 20% dans des bibliothèques. Le niveau de formation général est très élevé, puisque 80% des utilisateurs ont un diplôme universitaire. Réunir ces compétences pour promouvoir les sciences humaines sur Internet reste l’une des priorités d’infoclio.ch. Mais que l’on ne s’y trompe pas: si l’activité scientifique migre irrésistiblement vers Internet, le rôle des relations interpersonnelles reste fondamental pour mener à bien des projets.

Pour la troisième année consécutive, infoclio.ch organise le 30 septembre à Berne un colloque qui réunit les acteurs institutionnels, les chercheurs et les professionnels de l’information autour du thème «nouveaux médias et recherche historique»8. Une occasion de réfléchir ensemble à l’évolution des pratiques de recherche, de la communication scientifique et de l’accès à l’information à l’ère d’Internet.

Infoclio.ch organise également cette année une seconde manifestation qui aura lieu les 11-12 novembre 2011 à Lausanne et s’intitule THATcamp Switzerland9. Il s’agit d’un séminaire collabo- ratif consacré au domaine des «digital humanities». La manifestation, de nature transdisciplinaire, s’adresse à toutes les personnes actives à l’interface des sciences humaines et des technolgies de l’information. Le programme n’est pas établi à l’avance, mais établi sur place en fonction des propositions des participants. Une première occasion pour faire se rencontrer la communauté des «digital humanities» en Suisse et faire un inventaire des compétences disponibles.

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Enrico Natae

Directeur Infoclio.ch

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infoclio.ch ist ein thematisches Portal für Geschichte in der Schweiz, welches im August 2009 auf Initiative der Schweizerischen Gesellschaft für Geschichte (SGG) und der Schweizerischen Akademie der Geistes- und Sozialwissenschaften (SAGW) eröffnet wurde. Innerhalb von zwei Jahren hat infoclio.ch ein breit gefächertes Angebot entwickelt, welches zum Ziel hat, den Zugang zur wissenschaftlichen Information zu erleichtern, die Sichtbarkeit der Schweizer Geschichtswissenschaft im digitalen Kontext zu erhöhen und den Austausch in der wissenschaftlichen Gemeinschaft zu fördern. Die Website enthält die folgenden Angebote: ein nationales Verzeichnis der Institutionen und der Online-Ressourcen im Bereich der Geschichte, einen nationalen Kalender der wissenschaftlichen Veranstaltungen, eine Datenbank der akademischen Arbeiten und Rezensionen von aktuellen Werken sowie eine Reihe von Werkzeugen und Dienstleistungen, um in der Geschichtsforschung auf dem Laufenden  zu bleiben. Mit zirka 7000 Besuchern pro Monat (2011) zählt infoclio.ch nicht nur Historiker, sondern ebenso Fachleute aus dem I+D-Bereich zu seinem Publikum. Diese Situation reflektiert eine neue interdisziplinäre Gegenwart der Geisteswissenschaften im digitalen Zeitalter, welches auf eine verstärkte Zusammenarbeit zwischen Forschern und Fachleuten aus dem I+D-Bereich hoffen lässt. Um diese Bewegung zu verstärken, organisiert infoclio.ch dieses Jahr, neben seinem jährlichen Symposium, am 11. und 12. November 2011 eine grosse interdisziplinäre Veranstaltung zum Thema «Digital Humanities» an der Universität Lausanne. Und das diesjährige Symposium findet zum Thema «Digitale Medien und historische Forschung» am 30. September 2011 in Bern statt.