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2008/4 Informationswissenschaft: Die Instrumente der Zukunft

Laténium: présence du futur

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Inauguré en 2001 à Hauterive, sur la rive nord du lac de Neuchâtel, le Laténium, parc et musée d’archéologie de Neuchâtel, est remarquable à plus d’un titre. Son architecture, sa muséographie et son approche des visiteurs en font un modèle pour les musées qui entendent sortir des sentiers battus. Quelques jalons vers le futur.

Donnons d’emblée la parole à Michel Egloff, ex-directeur du Laténium, qui expliquait dans un numéro spécial de la revue Archéologie suisse (25.2002.2) tout ce qu’il ne fallait pas faire pour faire bien dans le domaine muséographique: «Durant plus d’un siècle, la visite des musées d’archéologie a représenté la punition idéale infligée aux enfants turbulents, les dimanches pluvieux. Tonalité grisâtre des salles, alignements d’objets évoquant une vitrine de rasoirs électriques avant les soldes, bourrette de soie où demeurait imprimé le négatif des pointes de flèches que la chasse aux mouches mortes obligeait à déplacer ... Tout contribuait à l’ennui, sans compter l’étiquetage, qui satisfaisait le collègue flatté mais demeurait abscons pour le non-initié.»

Le concept du Laténium

Fruit de la collaboration étroite entre des architectes, des muséographes et des archéologues, l’exposition permanente propose une mise en scène originale qui entraîne le visiteur dans un parcours à l’envers puisque celui-ci remonte le temps. Cette conception n’est bien évidemment pas due au hasard, puisque le Laténium est né d’un concept qui intègre remarquablement bien les aspects architecturaux, muséographiques et pédagogiques.

a) L’architecture: le principe fondamental a été de dépasser la seule création d’un bâtiment pour étendre l’intervention à l’ensemble d’un site. Il s’agit ici d’un véritable événement culturel et architectural qui marque la nouvelle rive du lac de Neuchâtel à travers une conception globale qui considère le musée non pas comme un objet singulier ou un signe, mais comme une partie cohérente d’un lieu muséographique.

b) Le programme muséographique: l’exposition permanente, à laquelle viennent s’ajouter à intervalles réguliers des expositions temporaires, n’est pas une création ex nihilo, détachée des substrats scientifiques qui en justifient l’existence même. En effet, le site abrite également l’Institut de Préhistoire de l’Université de Neuchâtel, ainsi que le service des fouilles (Office cantonal d’archéologie). A cela s’ajoutent un laboratoire de conservation et de restauration des objets, un laboratoire de dendrochronologie, sans oublier le stockage dans des conditions idéales de toutes les collections archéologiques découvertes depuis 150 ans dans le canton.

c) La didactique: la vocation d’un musée moderne est d’attirer tous les publics (les familles, les écoles, etc.) en les faisant participer à la découverte par le biais de divers instruments. Le Laténium incite justement le visiteur à être interactif en lui proposant des quiz, des bornes vidéo, des jeux; des animateurs formés (archéologues ou étudiants en archéologie) sont à disposition pour des visites guidées à la carte, classiques ou thématiques.

Le futur du futur

Ce musée cherche à abolir les barrières obsolètes existant entre le monde du fouilleur, le monde des scientifiques, le monde de l’exposition et celui de l’enseignement, populaire ou académique.

Si, avec le Laténium, on a réussi à intégrer en un tout harmonieux, tant du point de vue esthétique et ergonomique que didactique, la recherche fondamentale et la curiosité du public, les tendances actuelles en matière de conception muséale peuvent en revanche susciter quelques craintes.

En effet, la tendance qui prévaut depuis quelques années, et que rien ne semble vouloir freiner jusqu’ici, est celle de la mise en valeur de l’architecture à tout prix, au détriment du contenu et d’une réflexion muséographique. Une approche que l’on peut considérer comme «tape à l’œil», voire même «cannibale» dans le sens où l’esthétique semble obnubiler les esprits au point que le savoir et l’émotion intellectuelle que procure la connaissance sont considérés comme secondaires.

Une autre tendance, plus orientée vers les nouvelles technologies, sont les musées dits virtuels. Il s’agit ici par exemple de reconstituer en trois dimensions des constructions, voire des sites entiers, que le «visiteur» peut explorer via des sites internet. Ce type de visite virtuelle, dans des bâtiments vides, sans objets, fait peut-être l’économie d’un déplacement physique, mais fait aussi et surtout perdre l’aspect émotionnel lié à la présence d’un objet authentique.

Le futur du Laténium

On considère en général que la durée de vie d’une présentation muséographique est de 30 ans. Dans le cas du Laténium, il faut savoir que les négociations ont duré plus de vingt ans jusqu’à l’inauguration du site, en 2001. Cela étant et si l’emprise sur l’architecture du bâtiment lui-même est pratiquement nulle, le concept muséographique et la didactique doivent être continuellement adaptés aux besoins du public et à l’avancement des sciences. Le discours doit donc s’adapter en permanence, intégrer les nouvelles découvertes, les valoriser.

Côté besoins du public, on constate depuis plusieurs années l’engouement des gens pour l’archéologie expérimentale, à savoir pouvoir revivre des scènes du passé, répéter les mêmes gestes que nos ancêtres, faire «comme si». Le Laténium tient effectivement compte de ces besoins en proposant au public des ateliers où les visiteurs peuvent apprendre ou réapprendre les gestes de nos ancêtres. Ils peuvent aussi assister à des démonstrations réalisées par des potiers, des forgerons ou des tailleurs de silex. Et pour pousser la dimension pédagogique encore plus loin, le musée neuchâtelois organise des ateliers de courte durée destinés aux écoles, où les élèves peuvent participer activement à des fouilles fictives (recherche d’objets, dessins, inventaires, etc. dans une zone du parc réservée à cet effet).

Le futur du Laténium réside donc dans l’invention constante de nouvelles méthodes didactiques, dans l’adaptation du discours et l’adéquation de ses prestations aux goûts du public qui, on le sait, changent de plus en plus vite.

Une distinction européenne

En 2003, le Prix du Musée du Conseil de l’Europe a recompensé, pour la première fois, une institution suisse: en l’occurrence le Laténium «pour sa contribution à une meilleure compréhension du patrimoine culturel européen». Cent vingt institutions européennes étaient sur les rangs cette année-là pour l’ob- tention de ce prix prestigieux. La cérémonie de remise du prix – une sculpture en bronze de Joan Miró intitulée La femme aux beaux seins – a eu lieu au Palais Rohan de Strasbourg, en présence des ministres et députés européens.

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Denis Ramseyer

Conservateur adjoint du Laténium

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*Pflichtfeld

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Das 2001 in Hauterive eingeweihte Museum Latenium begeht neue Wege. Waren archäologische Museen bis vor Kurzem noch unbeliebte Zwangsausflüge für Kinder an regnerischen Sonntagen, in denen es drinnen so grau und trist aussah wie draussen, werden heute neue Formen gesucht.

Das Latenium-Museum ist die Frucht einer Zusammenarbeit zwischen Architekten, professionellen Ausstellern, Archäologen und Didaktikern. Das Museum ist nicht mehr nur ein Gebäude, sondern ein umfassend gestalteter Ort, der seine Umgebung (das linke Ufer des Neuenburgersees) einbezieht. In den Ort einbezogen werden auch verschiedene Institute, Labors und Archive, welche alle ihren Beitrag zu einer lebendigen permanenten Ausstellung und zu spannenden flankierenden Ausstellungen leisten. Nicht nur das Fachpublikum, sondern die breite Bevölkerung soll auf seine/ihre Kosten kommen. Spannung und Spass werden u.a. erreicht durch eine stärkere Gewichtung der Interaktivität (Quiz, Spiele, Videos, Animatoren).

Bei Museen gibt es eine ungebremste Tendenz, der Architektur alles unterzuordnen und sie (und nicht die Inhalte des Museums) à tout prix in den Vordergrund zu drängen. Die Ästethik überlagert alles andere (die intellektuelle Emotion, die Freude am Erfahren, die lebendige Wissenschaft).

Eine weitere Tendenz sind die virtuellen Museen. Hier geht es darum, Museen in Pixeln nachzubauen, die der «Besucher» dann an seinem Bildschirm zuhause «besuchen» kann. Auch hier kann man feststellen: Man spart zwar vielleicht den Hinweg und die Fahrkosten, aber das emotionale Moment, die Authentizität gehen ebenfalls verloren. In der Regel beträgt die «Lebensdauer» eines Museums 30 Jahre. Die Verhandlungen rund um das Latenium dauerten ca. 20 Jahre (ab 1979 bis zur Einweihung 2001). Das heisst nichts anderes, als dass das museographische Konzept ständig erneuert und angepasst werden muss. Neue Techniken und Technologien, neue Erkenntnisse müssen permanent diskutiert und evtl. in das Konzept integriert werden.

Bei den Besuchern ist eine Tendenz zur Erlebnisarchäologie festzustellen: Man will frühere Zeiten nach-erleben, «so tun als ob». Das Latenium berücksichtigt diese Wünsche und organisiert z.B. Ateliers, in denen altes Handwerk beobachtet und miterlebt werden kann; oder es werden archäologische Ausgrabungen «fingiert», an denen Schulklassen Schliemann spielen dürfen (mit fachlicher Begleitung).

Das Latenium wird auch in Zukunft neue Moden und Strömungen aufnehmen und diese, wo nötig, in das sich ständig verändernde und erneuernde Konzept des Museums integrieren.